Axe 3 : Signes, formes et représentations

Coordination : Cécile VOYER

Les programmes de l’axe 3 questionnent la notion de culture visuelle tout en s’interrogeant plus largement sur le visuel au Moyen Âge. À ce titre, la réflexion sur l’image et ses différents media, sur les signes iconiques et alphabétiques, constitue une spécificité du CESCM au sein du paysage scientifique français. À ce jour, l’axe 3 est le seul à porter la recherche dans ce domaine. Il est de surcroît résolument interdisciplinaire et pluridisciplinaire puisqu’il réunit des historiens, des historiens de l’art, des archéologues, des archéomètres, des spécialistes de la liturgie, des musicologues et des linguistes. Bien que liées par nature, on distinguera nettement les activités « de recherche » en histoire de l’art ou en épigraphie médiévale de la mise en œuvre de la Base Romane ou de l’entreprise éditoriale du Corpus des inscriptions de la France médiévale, et de la gestion du fonds photographiques ou de la documentation épigraphique dans le cadre du Pôle documentaire Berthelot. L’institution des programmes de recherche sur l’image médiévale ou sur les inscriptions médiévales a pour ambition de faire de l’axe 3 du CESCM le lieu de la recherche dans ces domaines.

 

Programme A : Imago (Responsable : Cécile Voyer)

– Ontologie du christianisme (responsable : Isabelle Marchesin). Versant CESCM du Programme OMCI (Ontologie du christianisme médiéval en images – Ontology of Christianity in Images) du Domaine de l’histoire de l’art médiéval de l’INHA en lien avec le fonds de la photothèque et la base Romane. Ce programme se propose comme un modèle inédit d’organisation de données scientifiquement informées relevant du christianisme médiéval. Il pose comme principe qu’une part essentielle du contenu énonciatif et spéculatif des images médiévales relève d’un christianisme comme système de pensée et de représentation du monde. C’est cette ontologie du christianisme, directement ou implicitement convoquée dans le discours visuel des images religieuses et scientifiques, que le programme veut contribuer à mettre en lumière.

– La culture visuelle des communautés religieuses 1) monde canonial du XIe-XIIIe siècle, les collégiales et leur décor peint (responsable : Cécile Voyer). L’approche défendue – la monographie thématique ou élargie – se veut résolument comparatiste et pluridisciplinaire. Le premier site observé sera la collégiale Saint-Hilaire de Poitiers. Ce programme complèterait parfaitement les recherches françaises en cours sur le monde canonial (ANR 2015 Projet COLEMON). Les différentes spécialités réunies autour de ce projet permettra de dégager la trame d’une réflexion cohérente et de mieux cerner non seulement les enjeux du décor peint dans l’espace ecclésial mais aussi les particularités du phénomène canonial au travers du parti architectural et des aménagements liturgiques. 2) ordres militaires (XIIIe siècle) : il s’agit d’étudier le décor et les aménagements des lieux de culte des ordres militaires (Templiers et Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem) au XIIIe siècle en France.

– L’image peinte dans son lieu (responsable : Marcello Angheben). Ce projet vise à poursuivre les études des peintures de la nef et le chevet de l’abbatiale de Saint-Savin-sur-Gartempe. Le décor peint de la crypte de Notre-Dame-la-Grande sera également analysé.

 

Programme B : Corps et objets en acte : liturgie, rituels et arts (Responsable : Éric Palazzo)

– Les drames liturgiques : dans l’historiographie, les drames liturgiques, nés dans la seconde moitié du Xe siècle dans les grandes abbayes bénédictines du Moyen Âge occidental, ont été considérés, et même aujourd’hui encore, comme les “ancêtres” du théâtre moderne. Dans la seconde moitié du Moyen Âge et au-delà, à l’époque moderne, les drames liturgiques se maintiennent au sein des abbayes mais sortent également de l’espace religieux et monastique pour gagner celui réservé au clergé séculier et aux laïcs, sur les parvis des cathédrales et dans l’espace public de la ville. Les drames liturgiques ont donné lieu à de riches créations au sens large (chant liturgique, objets liturgiques, statues monumentales, éléments du décor monumental, poésie). Pour la théologie de la liturgie, les drames liturgiques sont porteurs d’une signification très profonde qu’il convient de questionner.

– Le « lieu-manuscrit » : deux manuscrits feront l’objet d’une monographie approfondie (pluridisciplinaire et collective). Les deux codices choisis sont des marqueurs et des jalons incontournables de la période à laquelle ils appartiennent. Le premier est le sacramentaire de l’abbé Rainaud de Marmoutier, vers 845 (Autun, BM, ms. 19bis) et le second le cartulaire du prieuré de Saint-Martin des Champs (Paris), vers 1225-1275 (Paris, BnF, NAL 1359).

 

Programme C : Matières et formes épigraphiques (Responsable : Vincent Debiais)

Jusqu’à ce jour, le Corpus des inscriptions de la France médiévale articulait ainsi au sein du CESCM l’édition des inscriptions, la gestion de la documentation rassemblée, et les activités ponctuelles de réflexion méthodologique ou de recherche. Cette articulation doit aujourd’hui être revue en raison des évolutions riches de l’activité éditoriale (cf. TITULUS), de l’intégration de l’inscripthèque au sein du pôle documentaire Berthelot, des mutations des modalités d’enseignement de l’épigraphie à l’Université de Poitiers, et de la nécessité, pour les questionnements épigraphiques, de s’inscrire dans la dynamique de recherche de l’axe 3. En dehors des entreprises éditoriales menées à l’échelle nationale en Europe, les recherches sur les inscriptions médiévales se font avant tout dans le cadre de pratiques individuelles. À l’exception notable du projet porté par l’Université d’Heidelberg, la participation des épigraphistes européens à des projets collectifs ou collaboratifs reste très ponctuelle et permet rarement d’accorder aux inscriptions une attention à la mesure de leur importance dans le panorama documentaire médiéval. Il s’agit donc de combler cette lacune historiographique en s’attachant à la définition des « objets épigraphiques », à leur matérialité et à leur forme, sans séparer l’appréhension du support de celle de la graphie ou du contenu.

– Création d’un séminaire permanent de recherche sur les écritures exposées (SEMPER), ouvert à tous ;

– Programme PIM consacré à l’étude de l’écriture monétaire mérovingienne conduit par la Bibliothèque nationale de France ;

EPIMED-2, en collaboration avec la Casa de Velázquez et l’Institut de recherche sur les cultures médiévales de Barcelone, destiné à analyser les phénomènes épigraphiques de l’Antiquité tardive et du très haut Moyen Âge, au-delà des traditionnelles « ruptures » dans la culture écrite et dans la pratique des inscriptions.

 

Programme D : (Responsable : Christelle Cazaux-Kowalski)

– L’écrit musical au Moyen Âge : sources et notations : Les sources écrites de la musique médiévale sont diverses et constituent les marqueurs identitaires de la culture savante : identité d’une institution ou d’un réseau d’institutions, d’une localité, d’une région, d’un ensemble politique ou linguistique. L’étude des manuscrits musicaux soulève la question de l’interaction entre une culture savante fortement marquée par l’oralité, et des formes de représentations écrites aussi diverses que complexes.

– Les modalités de la création musicale au Moyen Âge : Au Moyen Âge, la création et l’interprétation de la musique prennent place dans un contexte essentiellement oral : l’écrit, lorsqu’il est jugé utile voire nécessaire, n’intervient que dans un second temps, parfois bien après l’époque supposée de la composition. Au-delà des sources écrites, cette partie du programme tente d’élucider les savoir-faire qui sont à l’œuvre au moment de la composition et de l’interprétation des œuvres musicales médiévales.

– Prosopographie des musiciens de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance : Projet de recherche dans le cadre de la fédération FESMAR entre CESCM et CESR : dépouillement de fonds d’archives régionaux (Poitou-Charentes et Pays de la Loire) à la recherche de traces de musiciens actifs dans les chapelles de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance.

 

Programme E : Emblématique et signes d’identité (Responsable : Laurent Hablot)

– Le programme SIGILLA, conduit par un consortium du CNRS, élabore une base de données des sceaux conservés en France. Il a pour ambition de poursuivre la collecte des données sigillographiques, avec le soutien de nombreuses archives départementales, archives municipales ou bibliothèques et musées dans l’ensemble du territoire national (plus d’un million d’empreintes estimé).

– Le programme ArmmA (Armorial monumental du Moyen Âge) est un inventaire critique des décors héraldiques médiévaux conservés et un outil de valorisation du patrimoine. Ce recensement, établi par des enquêtes de terrain et des recherches bibliographiques et archivistiques, permet de prendre en compte les décors conservés et disparus, d’analyser ce patrimoine, d’en étudier les fonctions, d’attirer l’attention sur sa conservation et le potentiel de valorisation qu’il contient en terme patrimonial, culturel et touristique.

– Étude des pratiques emblématiques entre fin du Moyen Âge et Renaissance. Ce programme, établi dans le cadre de la FESMAR a pour objectif de fédérer les travaux sur un objet en partie laissé pour compte dans les études d’histoire, d’histoire de l’art et d’histoire de la littérature, l’emblématique de la première Renaissance.


Membres titulaires : Marcel Angheben, Christelle Cazaux-Kowalski, Vincent Debiais, Estelle Ingrand-Varenne, Christelle Lupant, Lucie Malbos, Éric Palazzo, Carolina Sarrade, Cécile Voyer

Doctorants : Chloé Banlier, Joséphine Barthelet, Eva Caramello, Annick Gagné, Marie Horysa, Marion Loiseau, Emeric Rigault, Mélanie Rivault, Marianne Rossbach, Élise Vernerey

Membres extérieurs associés : Anne Ibos-Auger, Emilie Mineo, Anne-Zoé Rillon, Anne-Sophie Traineau-Durozoy

Membre associé collaborateur : Daniel Russo

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