Axe 2 : Espace, pouvoir et religion

Les trois programmes composant l’axe 2 se recoupent et convergent, malgré la multiplicité de leurs objets, dans une démarche qui est à la fois au cœur des sciences humaines et prend largement en compte la dimension spécifiquement juridique de certaines sources, ainsi que la dimension littéraire de la plupart d’entre elles. Malgré l’attention portée par le programme B de cet axe aux données matérielles issues de l’archéologie et aux documents planimétriques (pour l’étude de la territorialité), les sources écrites fondent la plus grande partie de ces travaux. Un séminaire à l’attention des doctorants de l’axe doit concrétiser ces convergences, qui restent parfois trop implicites, pour amener les programmes à se fructifier mutuellement. Les principales questions sont communes aussi par les méthodologies utilisées. Qu’ils soient pragmatiques (pour influencer directement le monde matériel et les comportements) ou ludiques, les écrits ont un auteur qui connaît ou espère les usages futurs de son œuvre, qui intègre totalement, avec plus ou moins d’habileté, des horizons d’attente. Malgré la force de l’argument d’autorité (dans les deux sens du terme), la dimension propagandistique (convaincre, séduire, prouver), en fonction de publics différenciés et de taille très variable, est présente dans toutes les sources utilisées pour les recherches de cet axe, y compris dans les écrits normatifs. Comment peut-on lire le niveau culturel du « lectorat » et les usages sociaux des textes dans les pratiques collectives d’écriture (incluant la constitution d’archives) et dans les méthodes littéraires personnelles d’un « auteur » qui président à la production d’écrits ? Tel est le thème commun, supposant une méthodologie finalement assez neuve. Ce séminaire sera particulièrement utile aux doctorants, souvent enfermés dans un type de source, pour leur donner une capacité à penser la civilisation médiévale dans son ensemble, ou plutôt dans ses ressorts communs.

 

Programme A : Les acteurs de la culture littéraire (XIIe-XIIIe siècles) (Responsable : Martin Aurell)

Le terreau social où germent les créations littéraires en langue vernaculaire est rarement abordé par la critique, davantage centrée sur les textes que sur les hommes et femmes qui les écrivent, les lisent et les récitent. Credo épistémologique du CESCM, l’interdisciplinarité est nécessaire à son approche. Le but de l’équipe est de se pencher sur les patrons, mécènes, écrivains, jongleurs, auditeurs, lecteurs des œuvres de la période. Leur récitation en public et leur diffusion se double parfois d’arrière-pensées idéologiques, qu’il importera d’approfondir. C’est en réseau, parfois de parenté, que les chansons et romans se répandent dans l’aristocratie. L’histoire sociale ne saurait être dissociée de l’histoire des idéologies, mentalités et imaginaires qui permettent de gouverner et de dominer.

 

Programme B : Péninsule ibérique – Méditerranée, territorialité et normativité des faits sociaux (Responsable : Stéphane Boissellier)

La vie des hommes en société se caractérise par des phénomènes objectifs, que la conscience des acteurs ne saisit pas toujours pleinement ; que ce soit dans l’organisation de leur environnement et leurs relations spatiales ou dans leurs inter-relations (rapports d’autorité, collaboration, échanges vénaux ou gratuits), les deux dimensions, objectives et subjectives, du point de vue de l’observateur, sont à prendre en compte. Ce programme se caractérise par l’usage de problématiques, sinon de méthodes, issues des disciplines voisines de l’histoire que sont la géographie (sous-programme Territorialité) et la sociologie (sous-programme Normativité) ; sa définition géographique, englobant l’Europe méditerranéenne et l’Occident musulman, permet en outre une approche comparative.

 

Programme C : Histoire religieuse (Responsable : Cécile Treffort)

Ce programme s’inscrit dans la continuité des travaux interdisciplinaires sur les communautés religieuses (monastiques ou canoniales), menés jusqu’alors uniquement dans l’axe 4. Centré sur une approche textuelle (incluant des ateliers d’édition et de traduction de sources), il privilégiera trois angles d’approche complémentaires, à ampleur géographique variable (de l’Aquitaine à l’ensemble du regnum Francorum et de ses successeurs), permettant de traiter globalement des rapports entre les religieux, la norme et la société.

Il est pensé en articulation étroite avec le programme « Cathédrales et abbayes » de l’axe 4, orienté vers l’étude monumentale et fonctionnelle des établissements religieux (topographie générale, architecture, traces archéologiques d’usage…), et en lien avec divers programmes de l’axe 3 (autour de la culture visuelle et des inscriptions), en particulier dans le cadre transversal d’études monographiques qui appréhenderont certains sites de manière interdisciplinaire. Ces dernières, qui concernent plusieurs établissements en cours d’étude (Saint-Jouin-de-Marnes, Saint-Amant-de-Boixe par exemple) ou objets de rencontres scientifiques à venir (notamment Solignac), sont détaillés dans le programme de l’axe 4.

* Réseau des communautés religieuses en Aquitaine du Nord : programme lié à la chaire régionale de Cécile Treffort, envisageant la traduction des chartes de l’abbaye Saint-Jouin-de-Marnes, XIe-XIIIe siècles (en lien avec le programme d’étude du site monastique dans l’axe 4) et l’Historia pontificum et comitum Engolismum.

* Composition, circulation et réception des règles religieuses : autour de l’institutio canonicorum de 816, de sa réception et de ses effets dans l’Europe carolingienne et post-carolingienne (IXe-XIIe siècles), avec une collation de l’ensemble des manuscrits connus et d’une recherche systématique d’autres témoins du texte.

* Chapitres cathédraux et pouvoirs urbains : étude, à partir d’un certain nombre de cas concrets en France et en Italie, les relations existants entre les chanoines en tant qu’individus, et les chapitres cathédraux en tant qu’institutions, avec les pouvoirs urbains, dans le cadre notamment de la naissance des communes.


Membres titulaires du CESCM : Martin Aurell, Stéphane Boissellier, Edina Bozoky, Charles Garcia, Claire Lamy, Cécile Treffort, Denise Turrel

Doctorants : Sarah Casano, Mathieu Cosson, Marie-Cécile Diamidia (jeune docteur), Carmen Druciak, Sébastien Laurent, Charlotte Pichot, Amélie Rigollet, Juliette Thibault, Anaël Vignel, Anna Lisa Vitolo, Guillaume Yatté (jeune docteur)

Membres extérieurs associés : Muriel Bonnaud, François Clément, Michel Fauquier, Gregory Lippiatt

Membre extérieur collaborateur : Catalina Girbea

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