Axe 1 : Lettres et textes médiévaux

Coordination : Cinzia PIGNATELLI

Dans la continuité du précédent quadriennal, l’axe 1 propose une approche philologique des textes médiévaux, littéraires ou non, appartenant à la translatio horizontale et verticale dont la langue française constitue le cœur, mais qui comprend aussi, d’un côté, les langues anciennes du savoir, et de l’autre les « vulgaires » européens en cours de sédimentation.

Les quatre programmes proposés ont comme objectifs communs l’étude et la réflexion sur l’histoire du texte, les critères d’édition et de traduction, les supports de transmission (manuscrit, langue), les contenus véhiculés (savoir antique et religieux, représentations du réel et du mythique) et enfin la réception post-médiévale.

 

Programme A : Transferts culturels et littéraires (Responsable : Claudio Galderisi)

Ce programme scientifique est consacré à l’étude des phénomènes de transfert et de traduction qui contribuent au rayonnement des langues et lettres de la France médiévale et qui expliquent la naissance d’une francophonie médiévale. Les différents projets concernent essentiellement l’origine et la constitution d’une Europe littéraire française, avec l’élaboration d’un répertoire exhaustif des traductions du français vers les langues de l’Europe médiévale. Une représentation critique globale de la traduction verticale et horizontale qui a eu lieu au XIVe et XVe siècle n’existe pas encore : il nous manque pour cela un tableau qui nous aiderait à mieux définir l’apport de chaque langue, de chaque culture, de chaque texte dans l’élaboration du patrimoine vernaculaire et par là même dans l’évolution et la sédimentation de la langue et de la littérature du moyen français.

 

Programme B : Littérature et imaginaire (Responsable : Pierre-Marie Joris)

Ces recherches recouvrent les approches relatives à l’imaginaire et à la littérature d’imagination au Moyen Âge. Elles portent sur les œuvres littéraires de fiction en latin ou dans les différentes langues vernaculaires médiévales (principalement langue d’oc, langue d’oïl, anglais, italien et langues ibériques) et s’attachent à dégager les lignes de force de l’activité créatrice et imageante dont les œuvres procèdent. Elles s’emploient aussi à étudier le réseau des images que les œuvres convoquent et orchestrent ; elles s’appliquent à analyser les mécanismes ou les ressorts intimes comme les traits singuliers et les structures de l’univers que les textes construisent. L’investigation revêt des aspects divers : elle s’attache, par exemple, aux structures anthropologiques ou aux régimes de l’imaginaire littéraire médiéval, aux mythes et aux mythèmes, aux thèmes et aux motifs, en prenant acte aussi des apports de la psychocritique ou de la symbolique.

 

Programme C : Biblia Francorum, les premières traductions françaises du texte sacré (responsable : Vladimir Agrigoroaei)

La traduction biblique représente, depuis l’âge de Saint Jérôme, le point-de-lance de la traductologie. C’est elle qui a donné lieu aux réflexions médiévales sur le traduire, mais dans le cas des traductions en ancien français, leur manque d’utilité immédiate, car inutiles pour la liturgie, a fini par permettre aux traducteurs de décliner leurs textes dans une infinité de degrés de traduction : calques, traductions en prose ou vers, adaptations et paraphrases. Le présent programme se propose de scruter l’histoire de ces premières manifestations, de les répertorier et d’étudier leurs sources (souvent savantes) ou leurs techniques de traduction.

– édition de la première traduction en vers du Psautier, de la fin du XIIe siècle, à mi-chemin entre le calque et l’adaptation.

– étude du statut différent du texte vernaculaire face à la lettre immuable de la Vulgate : acceptation de la primauté latine forme, d’une part, étudiée dans la relation entre l’art et la traduction biblique ; contestation de cette primauté latine, avec un premier sondage des rapports entre la traduction biblique et l’hérésie dans l’espace européen en son entier, en partant des Vaudois et des Lollards.

– l’étude de la traduction biblique ouvre aussi la voie à des réflexions sur les transferts culturels : le cas unique d’une traduction française du Barlaam et Josaphat faite au Mont Athos au XIIIe siècle constitue l’exemple parfait illustrant un rare dialogue interconfessionnel (étude lexicale et sémantique du texte prévue).

 

Programme D : Atelier de l’Anglais Ancien (Responsable : Stephen Morrison)

L’Atelier de l’anglais médiéval a pour vocation principale l’édition et la diffusion de textes en moyen anglais (env. 1200 – 1500), surtout ceux qui n’ont jamais bénéficié d’un traitement éditorial. Mais cette préoccupation concerne aussi les éditions de textes, généralement du XIXe siècle, jugées aujourd’hui insuffisantes pour répondre aux exigences de l’érudition. Cette activité est indispensable à l’avancement de la discipline où les lacunes dans ce domaine sont criantes. Afin de donner aux doctorants actuels et futurs l’autonomie nécessaire au progrès et à l’achèvement de leurs projets, l’accent est mis sur la maîtrise de la philologie de la langue (y compris les dialectes), sur la paléographie des manuscrits et le travail des scribes, et sur les principes (et les pratiques) de la critique textuelle.


Membres titulaires du CESCM : Vladimir Agrigoroaei, Christelle Chaillou-Amadieu, Claudio Galderisi, Karine Guibert, Pierre-Marie Joris, Stephen Morrison, Cinzia Pignatelli, Jean-Pascal Pouzet.

Doctorants : Andreea Apostu, Amira Ben Abdelwahed, Alessia Chapel, Ryma Kerkad, Caroline Lambert, Marie-Anne Le Lannou, Sophie Lejosne, Viola Mariotti, Lara Quarti, Véronique Soreau, Adelina Vladislav

Membres extérieurs associés : Blanca Angeles, Carine Giovénal, Julie Métois, Emmanuelle Roux, Elena Sasu

Membres extérieurs collaborateurs : Catalina Girbea (Université de Bucarest), Ariane Lainé (Université d’Orléans), Jean-Jacques Vincensini (Université de Tours).

 

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