TITULUS

Projet Titulus

Le Corpus des inscriptions de la France médiévale (CIFM), entreprise de publication qui recense depuis 1969 l’ensemble des textes du Moyen Âge gravés ou inscrits sur le métal, la pierre, le bois, le verre, etc. se trouve aujourd’hui confronté aux défis d’ecdotique posés par les nouvelles technologies, en matière d’édition numérique et de gestion et mise à disposition des fonds patrimoniaux d’une part, et par les réflexions épistémologiques sur l’épigraphie et les sciences auxiliaires en général.

Forte de cette riche expérience et des acquis du programme ANR ORIFLAMMS (Ontology Research, Image Features, Letterform Analysis on Multilingual Medieval Scripts) qui a permis de fructueuses comparaisons avec les travaux des épigraphistes antiquisants à travers EPI-DOC et des médiévistes travaillant sur d’autres supports (chartes, manuscrits, sceaux), l’équipe du CESCM lance le projet TITULUS- Épigraphie médiévale numérique.

L’évolution de la discipline épigraphique permet d’envisager l’inscription dans toute sa complexité. À la fois idée et matière, texte et objet, l’inscription possède une dimension visuelle, graphique, matérielle et contextuelle ; autant d’éléments qu’il est souvent difficile de fournir au lecteur dans la limite d’un livre imprimé. En prenant en compte l’ensemble des signes tracés sur une inscription (lettres, ponctuation, décor, signes d’abréviation) et en associant l’édition à l’image, la forme électronique proposera bien plus qu’un complément d’information mais une nouvelle façon d’appréhender l’inscription sous tous les points de vue. Elle proposera également une édition dynamique et non plus un corpus statique ; celui-ci pourra désormais être augmenté et corrigé au fur et à mesure des découvertes archéologiques, des précisions chronologiques, des produits des comparaisons à grande échelle, etc. En associant à la notice « traditionnelle » l’ensemble du matériel utilisé pour sa rédaction, l’édition électronique ne donnera pas seulement à lire le produit de la recherche mais la recherche en tant que processus, en permettant au lecteur de suivre pas à pas le raisonnement de l’éditeur pour le confirmer ou éventuellement le nuancer.

Objectifs

  • Donner à voir un système graphique complexe

Le but de cette édition électronique est de proposer au chercheur, à partir d’un même modèle d’encodage en XML-TEI pour chaque inscription, plusieurs rendus grâce à des feuilles de style XSL. Chacun de ces rendus permet d’insister sur des phénomènes graphiques en particulier en les rendant visibles.  6 onglets sont proposés :

  • une transcription selon les normes de l’édition du CIFM
  • une transcription allographétique utilisant le répertoire MUFI (Medieval Unicode Font Initiative)
  • les caractères et glyphes accompagnées d’une description
  • les abréviations
  • les jeux de lettres
  • les espaces et la ponctuation

Une telle richesse et complexité d’encodage n’est possible que parce que les inscriptions sont des textes par essence brefs. S’ajoutent à ces différentes vues du texte, les éléments plus habituels de l’édition en épigraphie médiévale : la description de l’objet, la géolocalisation, l’analyse paléographique, l’édition critique, la traduction, de nombreux clichés photographiques d’ensemble et de détail, le commentaire général (historique, littéraire, linguistique…).

  • Gérer l’ensemble du corpus pour faire des recherches

L’ensemble des notices d’inscriptions est stocké dans une base de données native en XML (eXist-db). Des requêtes ont permis de créer des index, un lexique permettant de faire une recherche à la fois par lemme et par forme exacte du texte, des moteurs de recherche. Grâce aux multiples interrogations permises par l’encodage des textes et des images et à partir des contenus sémantiques définis sur la documentation, il deviendra possible de regrouper dans l’espace virtuel de la documentation du CIFM des inscriptions jusqu’alors dispersées dans les différents fascicules de la collection, établies sur des critères géographiques contemporains.

  • Proposer un protocole d’encodage utilisable dans d’autres bases et une édition interopérable

Le protocole proposé par TITULUS a pour ambition de servir à d’autres bases de données qui intègrent des inscriptions, par exemple le projet SIGILLA sur les sceaux.

  • Rendre les sources accessibles à tous

Le tournant numérique offre des possibilités nouvelles pour les sources épigraphiques : rendre accessibles à tous – tant la communauté scientifique qu’un public plus large –  et partout les inscriptions médiévales et leur étude. Non plus confinées dans un nombre restreint de bibliothèques, ces sources pourront ainsi être portées à la connaissance de tous et s’ouvrir à d’autres lecteurs et stimuler de nouvelles recherches. La multiplication des rendus permet également à chacun de choisir le niveau de complexité souhaité.

 

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